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De juillet à septembre, Campan sort ses mounaques
Le mot "mounaque" signifie "poupée", il peut désigner le jouet des petites filles, mais il peut aussi prendre une signification très péjorative dans certaines expressions locales. La tradition des mounaques, joue de ces deux sens. Les mounaques sont des poupées de chiffons qui sont exposées de juillet à septembre, dans les rues, sur les balcons ou dans les jardins des maisons du village de Campan. Ces poupées ont la taille d'une personne et elles sont des représentations caricaturales d'hommes, de femmes et d'enfants dans des situations de la vie quotidienne. Cette exposition qui dure tout l'été à Campan met en lumière une vieille tradition de la vallée. La fabrication et l'utilisation des mounaques appartient donc à notre passé. Aujourd'hui, le spectacle qu'elles proposent montre combien la Haute Bigorre est une vallée authentique où les traditions sont conservées et préservées. On retrouve les mounaques à peu près aux mêmes endroits tous les ans, mais la mise en scène, chaque fois différente, les rend méconnaissables. |
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L'origine de la tradition : charivari et mounaques
Le charivari était une bruyante manifestation de mécontentement social qui frappaient ceux que l'on voulait fustiger. A Campan, cette tradition est liée au système d'héritage. Dans la haute vallée de l'Adour, l'aîné des enfants, fille ou garçon, héritait de la totalité des biens des parents : terre, bêtes, maison. Les règles du mariage en tenaient compte : on ne mariait pas un héritier et une héritière. Le souhait de tout cadet était donc de "s'en venir gendre" dans une famille en épousant l'ainée. Lorsqu'un mariage allait à l'encontre des voeux ou des intérêts des jeunes, ceux-ci réclamaient une sorte de tribut compensatoire. Si ce tribut n'était pas acquitté, c'était le charivari. Si une héritière envisageait d'épouser un garçon venu d'un autre village, si un veuf ou une veuve se mettait en tête d'épouser "une jeunesse", dans le mois précédent le mariage, les jeunes entreprenaient un charivari. Chaque soir les jeunes secouaient des cloches à vaches et autres instruments bruyants, à ce tintamarre s'ajoutaient les mounaques. |
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l'atelier de mounaques
L'atelier de fabrication des mounaques travaillent toute l'année. On y fabrique de petites mounaques qui seront ensuite vendues comme souvenirs et, en hiver, on crée, on remet en état les grandes mounaques qui décoreront le village pendant tout l'été. Quand elles ont passé plusieurs mois dehors, au soleil, sous la pluie, il faut refaire les visages notamment, qui se sont abimés. Et puis, chaque saison, chaque famille, chaque commerçant a à coeur de changer de mounaque. Il faut donc trouver d'autres vêtements, d'autres idées de personnages. |
Pour mieux les
offrir à la vue du public, les mounaques peuvent être
placées sur les balcons. Tantôt les scènes sont
complètement irréalistes comme ces enfants qui se
balancent dans une galerie sous le toit.
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D'autres fois, les
mounaques vues d'un peu loin, donnent l'illusion d'être vraies,
comme ce couple d'amoureux qui a l'air d'observer les passants depuis
son balcon, à demi-caché par les géraniums.
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On trouve enfin et
souvent des mounaques humoristiques, des personnages qui attendent
indéfiniment leur tour à l'intérieur d'un magasin
ou ce sportif fatigué qui a fini par écrire "à
vendre" sur son vélo.
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Au café de la place, deux marins sont installés à la terrasse. |
Devant la maison, cette partie de cartes ne se terminera qu'à l'autommne.
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Dans son jardin, une vieille Pyrénéenne à fichu tricote pour l'hiver. |